ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
Série D, VOL 8, N°003/Décembre 2022 - 33
morbidité postopératoire [7]. A travers ses avantages
sur le plan thérapeutique et évolutif, de nombreux
résultats satisfaisants ont été publiés dans la littérature
[8-13].
A la première année de l’étude en 2018, nous avons pu
réaliser deux (2) ostéosynthèses par voie percutanée
sous contrôle de l’amplificateur de brillance. En 2022,
nous avions pu réaliser 52 interventions avec la
radiologie, soit 44,44% des cas. Les interventions
étaient réalisées au début sous contrôle de
l’amplificateur de brillance à foyer ouvert, ce qui nous
permettait d’apprécier la réduction du foyer et la mise
en place du matériel en peropératoire avant qu’on ne
décide de réaliser certaines interventions par voie
percutanée. L’augmentation du nombre d’intervention
au fil des années s’expliquerait par l’expérience acquise
par les chirurgiens. L’intervention a concerné le tibia
dans 33,3% des cas et le radius dans 20,7% des cas avec
une prédominance des fractures siégeant aux épiphyses.
Les fractures du tibia sont les plus fréquentes des
fractures des os longs [14]. Les plateaux tibiaux ont été
les plus concernés dans la série de Merouane et al [15].
De nombreuses études ont fait état de l’atteinte du
scaphoïde carpien [16-19]. L’étude réalisée par
D’Ollone et al [20] concernait le col huméral dans
100% des cas. Les fractures épiphysaires du radius et
du tibia étaient de réduction facile. Leur état spongieux
ont permis de réaliser des contentions avec moins de
difficultés. L’ostéosynthèse percutanée par vis et par
broche ont été les plus réalisées. Le vissage par voie
percutanée sous contrôle de l’amplificateur de brillance
a été 100% des cas dans les études réalisées au Maghreb
[16-19]. La broche a été le seul matériel
d’ostéosynthèse dans l’étude de Azzolin et al [21]. Les
clous ont été les plus utilisés dans d’autres séries de la
littérature [20,22,23]. L’ostéosynthèse par voie
percutanée ne se limite pas seulement aux vis, broches
et clous qui sont moins invasifs, elle utilise aussi des
plaques à compression percutanée pour la fixation des
fractures pertrochantériennes [24-27]. L’utilisation des
vis a nécessité une intervention en deux temps dans
notre étude ; le temps opératoire a été long mais la
réduction et la contention ont été plus efficaces. Les
broches ont été utilisées en un temps ; le temps
opératoire a été court mais la contention n’était pas très
efficace comme le cas des vis et on assistait souvent à
des cas de déplacement secondaire du foyer et la
migration du matériel avec la rééducation. Par rapport
à la technique de mise en place des vis dans les fractures
déplacées ou instables, Moser et al recommandent
d’utiliser une autre broche dite antirotatoire placée
parallèlement à la première, l’intervention se termine
par le méchage et le vissage [28]. L’ostéosynthèse par
voie percutanée par clou centromédullaire nécessite
encore plus d’expérience. Le déplacement secondaire a
été constaté dans 7,7% des cas dans notre étude.
Azzolin et al [21], Sankar et al [29] ont rapportées des
résultats comparables aux nôtres, respectivement de 8%
et 7,3% de déplacement secondaire. Pennock et al [30]
ont rapporté 4,2% de déplacement secondaire. Les
contentions insuffisantes et le non-respect de
l’immobilisation postopératoire par certains patients
expliqueraient ce résultat. La durée d’hospitalisation
était supérieure à 7 jours chez les patients polyfracturés.
Un délai de consolidation inférieur ou égal à 3 mois a
été obtenu dans 89,7% des cas. Le retard de
consolidation a été constaté dans les cas de fractures
complexes et de déplacements secondaires. D’Ollonne
et al [20] ont obtenu dans leur étude une consolidation
complète chez tous les patients avant le troisième mois
de l’intervention. Notre étude a été réalisée sur une
population jeune en majorité avec un âge moyen de
39,2 ans et 67,5% des patients présentaient des fractures
simples. L’âge jeune des patients et la prédominance
des fractures simples sont des éléments en faveur d’une
consolidation rapide. Les contentions insuffisantes, les
déplacements secondaires et la rééducation précoce
chez certains patients ont été à la base des
pseudarthroses et cal vicieux. Le cas de décès enregistré
dans l’étude était un polyfracturé. Le décès a eu lieu au
8ème jour d’admission et 3 jours après l’intervention.
CONCLUSION
L’usage de l’amplificateur de brillance dans la prise en
charge des fractures a été bénéfique pour le suivi des
patients. Les ostéosynthèses par vis ont donné plus de
résultats satisfaisants avec moins de complications dans
l’évolution des fractures par rapport aux autres
matériels d’ostéosynthèse. Une durée d’hospitalisation
inférieure ou égale à une semaine a été obtenue dans
82,9 % des cas. Le délai moyen de consolidation était
de 10 semaines. Les contentions insuffisantes ont été à
la base des complications osseuses (pseudarthrose et cal
vicieux).
REFERENCES
1. Meziane Z, Chabni N, Taleb A. L’exposition aux
rayonnements ionisante dans les blocs opératoires
de Tlemcen. Université Abou Bekr Belkaid
Algérie. Archive des maladies professionnelles et
environnement 2002;81:459-488.
2. Kim KP, Miller DL, Berrigton de Gonzalez A,
Balter S, Kleinerman RA, Ostroumova E et al :
Occupational radiation doses to operators
performing fluoroscopically-guided precedures.
Health Phys 2012;103(1):80-99.
3. Madan S, Blakeway C. Radiation : exposure to,
surgeon and patient in intramedullary nailling of
the lower limb 2002;33(8):723-7.
4. Bronsard N, Boli T, Chalali M, Dompsure R,
Amoretti N, Padovani B et al : Comparison
between percutaneous and traditional fixation of
lumbar spine fracture : intraoperative radiation
exposure levels and outcomes. Orthop Trauma
Surg Res 2013;99(2):162-8.
5. Merom L, Raz N, Hamud C, Weisz I, Hanani A.
Minimally invasive burst fracture fixation in the
thoracolumbar region. Orthopédics
2009;32(4):273-5.
6. Barry TP. Radiation exposure to an orthopaedics
surgeon. Clin Orthop Relat Res 1984;182:160-4.
7. Browner BD, Alberta FG, Mastella DJ. Une
nouvelle ère dans la Traumatologie
Orthopédique. Surg Clin North Am
1999;79:1431-48.
8. Laffenetre O, Golano P, le GRECMIP :
Introduction à la chirurgie mini invasive du pied
et de la cheville : pourquoi, comment, quand ? e-
mémoire de l’académie nationale de chirurgie
2010;9(1):52-60.