Le délai de consultation était inférieur à 7 jours pour
3 patients (4,8%), supérieur à 7 jours pour 52 patients
(83,9%) et non précisé pour 7 patients (11,3%).
La symptomatologie était dominée par le prurit
(62,9%). Les patients n’avaient pas décrit le
médaillon initial dans 79% des cas. Chez les patients
ayant présenté un médaillon initial, la localisation
était les membres dans 5 cas (8,1%), le tronc dans 4
cas (6,4%) (Image 1), le cou et la tête dans 4 cas
(6,4%).
L’éruption cutanée secondaire était présente chez 57
patients (97%).
Image 1 : lésions maculo-papuleuses et
érythémateuses chez un patient de 45 ans présentant
un PRG. (Source : Service de dermatologie-
vénérologie au CNHUB).
DISCUSSION
La fréquence du PRG (1,1%) rapportée dans notre
étude est inférieure à celle observée par Agbessi et al
à Parakou au Bénin [8], et de Seudjip et al à Kinshasa
[6], qui est respectivement de 2,36% et 8,2% sur une
durée identique de 3 ans [8]. La différence de
méthodologie pourrait expliquer ces résultats. Chuh
et al en analysant les travaux sur la fréquence de PRG
en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe,
avaient rapporté qu’elle varie entre 0,39 à 4,80% [9].
Le fait que le PRG est une dermatose bénigne qui
guérit spontanément, pourrait justifier le faible
nombre de patient consultant pour cette affection
[5,8]. L’âge moyen des patients de 16,8 ans est
inférieur à celui de Agbessi et al à Parakou [8] ainsi
que celui de Ganguly dans le sud de l’Inde [10], qui
sont respectivement de 19,58 ans et 20,32 ans. La
fréquence élevée du PRG chez les enfants et les
adultes jeunes dans notre étude corrobore les données
de la littérature [8,10-13]. La prédominance féminine
du PRG rapportée dans notre étude (71%) était
également observée par Seudjip et al à Kinshasa [6],
Yuksel en Turquie [4], Kumar et al en Inde [13] et
Agbessi et al à Parakou [8]. Cependant, Ganguly dans
le Sud de l’Inde avait rapporté une prédominance
masculine [10]. D’après Rebora et al [14], il n’existe
aucune différence statistiquement significative entre
les deux sexes, même si une prédominance féminine
était observée. Sur le plan clinique, aucun prodrome
ni antécédent pathologique particulier n’était déclaré
chez la majorité des patients (85,5%). Par contre, la
notion d’atopie existait dans 6,4% des cas. Les
prodromes étant souvent mineurs ou apparaissant
longtemps avant les signes cutanés. Le patient peut ne
pas les relever dans l’histoire de la maladie sauf si
l’interrogatoire est bien mené [15]. L’atopie a été
citée comme un facteur prédisposant ou une cause du
pityriasis rosé de Gibert [8,15]. Le délai de
consultation au-delà de 7 jours peut s’expliquer par
l’absence fréquente de signe fonctionnel et
l’évolution bénigne du PRG. La fréquence élevée du
prurit (62,9%), retrouvée dans notre étude est
similaire à celle rapportée par Agbessi et al à Parakou
[8], ainsi que Traoré et al à Ouagadougou [16]. Ces
derniers ont trouvé une fréquence respectivement de
68,11% et 61,1% des cas. Le médaillon initial est
passé inaperçu dans 79% des cas, comme dans l’étude
de Kumar et al, qui a noté une absence de médaillon
initial dans 60% des cas. Lorsqu’il était retrouvé, il
siégeait au niveau du tronc, des membres, du cou et
de la tête. Traoré et al ont noté une prédominance du
médaillon initial aux membres supérieurs [16]. Pour
Agbessi et al, la lésion initiale se retrouvait au tronc
dans 39,13% des cas [8]. L’éruption cutanée
secondaire était présente dans 97% des cas comme le
montre l’étude de Traoré et al [16].
CONCLUSION
Le PRG est une pathologie bénigne assez fréquente à
Bangui. Elle touche les sujets jeunes souvent de sexe
féminin. La manifestation clinique la plus fréquente
est le prurit qui doit amener le personnel de santé à
rechercher au cours de l’interrogatoire la survenue de
médaillon initial qui permet d’affirmer le diagnostic.
REFERENCES
1. Youssouf F, Traoré B, Dicko A, Faye O, Berthé
S, Cisse L et al. Profil épidémio-clinique des
dermatoses chez les enfants vus en consultation
dermatologique dans le service de dermatologie
du centre national d’appui à la lutte contre la
maladie à Bamako (Mali). PAMJ 2016;25(238):1-
6.